retours

                                              

Déjà quelques retours à propos de mon roman. C’est un bel été. J’ai commencé un nouveau livre : c’est le moyen de se protéger de l’actualité (éternel ennemi, alcoolisme des agités, qui ne font rien, qui évitent de vivre). Peu à peu je me transforme non pas en ermite, mais en ermite social (c’est-à-dire en cosmopolite). Je bloque les accès à tout ce qui ne m’est pas nécessaire. Internet est parfait pour ça. Je suis ouvert sur le monde dont j’ai commencé la découverte, loin du brouhaha des gens qui parlent fort, des avis autorisés. Vivre c’est se composer un monde. Et cette composition passe par de l’invention, mais aussi par des coupes dans le réel, des occultations. Ces occultations ne cachent rien, rien d’important en tout cas, au contraire elles révèlent d’autres choses plus fragiles, qui seraient passées inaperçues autrement. Inventer, trancher dans la matière du monde, comme une sculpture du réel que l’on offre à notre regard et à nos pensées. Je me rappelle ce metteur en scène qui se plaignait des critiques de Pauline Kael dans le New Yorker. Mais pourquoi laissait-il les critiques de Pauline Kael exister ? Apparemment ces articles lui faisaient du mal, il n’en retirait rien, alors autant amputer la section cinéma du New Yorker du réel. C’est une question de sagesse. Nous n’avons pas assez conscience de notre capacité à sculpter le monde.

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