brûler de la poussière

Il ne fait pas chaud. Il reste peu de bois, et je n’ai pas le courage de sortir en couper. Alors je jette dans la cheminée ce qui me tombe sous la main. Cartons d’emballage (les encres et produits chimiques ajoutent du vert aux flammes), vieilles factures de téléphone (on est censé les garder dix ans, but who cares ?), feuilles mortes et moutons de poussière, brouillons, pain rassis, manuels d’utilisation et modes d’emploi, annuaire téléphonique. Je ne sais pas pourquoi j’écris. Ou plutôt j’ai trop de réponses. J’écris pour rendre justice. J’écris pour réparer, pour panser, pour guérir. J’écris pour m’appartenir, pour dessiner une vie qui me ressemble, et des pensées qui seront miennes. J’écris pour parler aux autres, inventer un chemin où nous pourrons nous rencontrer. J’écris pour le plaisir de faire concurrence à la réalité, pour récupérer le monde et lui donner une autre direction. J’écris pour que l’on m’aime aussi. Et impressionner ceux que j’aime, celle que j’aime. J’écris pour dédramatiser mes blessures, pour transformer le malheur en joie, et la mort en vie, par résilience, esprit de contradiction, par révolte. J’écris parce que cela m’amuse. J’écris pour découvrir des choses que j’ignore et qui pourtant sont en moi, pour être le premier spectateur, lecteur, d’histoires nouvelles, d’idées qui fleurissent, et pour en prendre soin. J’écris pour ne pas sombrer, pour résister à la chute. J’écris pour donner du plaisir. J’écris pour ajouter des choses à la réalité, pour donner naissance et participer de ma modeste manière à l’embellissement du monde. J’écris pour envoyer des cartes postales, ce que sont les livres, à ceux qui voudront bien être mes correspondants. J’écris pour remplacer du rien par quelque chose. Comme un tour de magie. Abracadabra. Mon premier roman sera publié dans un an, et j’ai hâte. Hâte de l’avoir en main. De le donner, de l’offrir. De m’en débarrasser aussi pour en commencer un autre. Je suis allé marcher ce matin, il était six heures, et il n’y avait personne. Je remercie le matin de permettre la solitude et les petites foulées dans la rosée et les restes de brumes. Le jour se lève de plus en plus tôt, bonjour les oiseaux et les arbres, profitez bien de cette nouvelle année.

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2 réponses à brûler de la poussière

  1. nad dit :

    >contente de vous découvrir/lire et donc que vous soyez publié aussi prochainement.

  2. Pit dit :

    >mercibr /cortex-liquide c#39;est intrigant…

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