petit déjeuner

Pour avoir le sang bien gras et bien sucré et attirer tous les vampires du coin.

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Etre là

On ne demande pas grand chose que d’être là à ceux qui comptent. Et on sera là aussi. Le temps qui passe, l’agitation, avoir des choses, gagner, être connu, c’est du vent, rien de tangible. C’est un monde où les hommes mangent de la poussière, ils en achètent tant qu’ils peuvent, ils la désirent comme le but ultime de leur vie. Laissons les faire, et organisons nos cachettes, créons nos univers parallèles. Je lisais la notice biographique de Frederic Brown sur Wikipedia (anglais), elle est microscopique. De grands auteurs sont encore dans l’ombre. Jadis Edgar Allan Poe. Puis comme la vie est passée, pas toujours douce, la mort passe. L’oubli n’est qu’un instant, un attentat ridicule comme une grenade dans le ciel étoilé. Tout s’apaise. On comprend la nature du génie. Un printemps arrive.

Le succès ça n’existe pas. Surtout pas en littérature. L’art c’est un désir qui dure, pas la brève éjaculation d’une sortie et des applaudissements construits pour se faner. L’art est un animal qui ne va pas résister au temps, mais s’en nourrir, avidement, c’est le moyen pour lui de se révéler, de s’en trouver renforcé. Une œuvre d’art ne se voit pas avec les yeux mais avec le temps, c’est à dire le corps. Elle est trop rapide pour être vraiment vue. La plupart des gens ne voient que pour une seule raison : parce que c’est immobile, parce que c’est mort. Alors on applaudit le cadavre d’autant plus que ça parle tout autour, et ça parle bien, car ils ont des bistouris, ils ont tout dépecé. Mais la vie en action, non, la douceur, l’originalité, la légèreté des courses dans la nature, c’est mauvais signe la vie, pas très sérieux, on n’est pas certain de ce que c’est, pour être certain il faudra tuer cette chose, ou attendre sa mort naturelle. On n’aime pas ça. On méprise. C’est trop offert. Le succès n’est rien d’autre qu’une passion de médecins légistes. Seuls compte les gens qui nous entourent, pouvoir payer le loyer, remplir le garde-manger et créer ce que l’on veut créer.

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Le but de la vie

Le but de la vie est de trouver les quelques personnes qui nous accompagneront jusqu’à la fin. Des alliés.

Je viens d’acheter le Congrès de futurologie du grand Stanislas Lem. Début de lecture déroutant, mais j’avance, curieux. On est loin de Solaris.  Sorte de comédie folle. Une des beautés du monde : la capacité d’un artiste à se renouveler et à trahir les attentes que l’on a à son propos.

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Couv, titre et présentation de l’éditeur

C’est ici. Sortie le 23 août 2012. La vie est belle, et à Miami les zombies s’en donnent à cœur joie.

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artistes

Savoir si être écrivain est un métier c’est mal poser la question. La biais est là et fout tout en l’air. Le seul véritable enjeu devrait être de faire de tous les métiers un art.

Ray Bradbury est mort. Il faut lire son Zen in the art of writing. L’art ne tombe pas du ciel, il n’y a pas des élus. C’est du travail, de l’acharnement, de la sensibilité cultivée. Et les portes sont grandes ouvertes. On s’en fout des diplômes, de l’âge, du milieu. Si ça vous branche, foncez. On ne nous a jamais dit que c’était pour nous. Cela paraissait réservé aux bons élèves, aux enfants des familles bourgeoises. Mais la vérité c’est ça : la littérature a besoin des bandits manchots, des mavericks, des misfits que nous sommes, elle a besoin de ceux qui n’ont pas pris les sentiers tracés. L’art n’est réservé à personne, et pourtant tout ce qui le sacralise essaye de nous éloigner, d’en faire un truc chic. Mais non c’est pour nous, on s’en fout de cette sacralisation des usages et des accès. L’art c’est notre vie, notre intimité, et car nous sommes vivants, quels que soit nos bagages, nous avons le pouvoir de créer.

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le parti pirate

Suite à des commentaires citant le parti pirate sur un blog je me suis intéressé à la question. Et ça vaut le coup. Il y a quelque chose d’humaniste dans ce parti qui fait du bien. Ses membres pensent que tout ne doit pas être réduit à de la marchandise. Pour l’instant ils ne parlent que d’internet. Ils sont timides sans doute. Car après tout pourquoi limiter le partage aux biens culturels sur le net ? C’est cette limite que je ne comprends pas très bien chez eux. Comme s’ils contenaient leurs idées à un seul domaine, comme s’ils avaient peur de paraître radicaux. (sur leur site, il y a des idées économiques et sociales, mais il est bien écrit que ça ne faisait pas partie du programme et que les candidats étaient libres de s’en réclamer ou pas). En tout cas, ils ont à coeur de défendre les auteurs et les artistes, parfois contre les industries culturelles. Je n’ai pas encore compris les modalités exactes, mais je vais continuer à creuser. En tout cas, je sais que dans le cas de l’affaire des oeuvres orphelines, ils avaient une position pro-auteurs. Une chose est sûre : ne pas craindre le piratage, ne pas mettre de DRM.

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Ne pas baisser la garde

Rester l’esprit clair, être prêt à ce que tout disparaisse, ne pas s’attacher aux choses, se serrer les coudes. Je lis le livre d’Hilberg sur le génocide juif, et c’est peu dire que c’est terrifiant. De telles choses se passent. Tout est fragile, nous ne sommes à l’abri de rien. L’horreur arrive, elle sort de la nuit et emporte tout. Soyons prêts.

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enfin : corriger les épreuves

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ebooks

Par curiosité et parce que les maisons traditionnelles passent forcément à côté de bons livres, j’ai acheté un lecteur de livres numériques, et ce matin quatre livres : Macadam Gonzo, de Jeff Balek (éditions Numériklivres), Les villes fantômes de Jean Rouaud (Publie.net), Miami Heat, de Palmer Mc Grady (éditions Walrus) et Fin de route, tome 1, de Jean-Louis Michel (éditions Numériklivres).

Le livre numérique c’est une occasion pour les maveriks de publier des textes refusés partout. C’est le moyen d’ouvrir plus grand l’accueil fait aux écrivains débutants, pas bien traités souvent. Etre publié est un combat. Question de chance, d’un jeu favorable de coïncidences, de qualité de texte aussi. Les maisons numériques ont l’air plus apte à prendre des risques permanents. Dieu sait si j’aime le livre papier, et mon éditrice flamboyante. Mais c’est pas mal que les deux existent. Alors reste la question de : encore un truc électronique qui va partir en fumée d’ici deux trois ans, il faudra en racheter un autre. Et ça craint. Mais comme craignent les livres mal imprimés sur du papier dégueulasse. Il y a un problème de civilisation. C’est la merde. Il faudrait changer tout ça. Ces livres électroniques devront finir par être imprimés et rejoindre nos librairies adorées. Lieux de vie.

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un livre, un éditeur

Je ne vais pas parler que de ma maison d’édition ici mais de tous les éditeurs qui font du beau travail. Par leurs choix, et aussi par la qualité des livres. Sur ce point, je tiens à rendre hommage aux éditions Eclipse (oui Kelly Gay et la géniale et létale Charlie Madigan c’est eux, oui Seth Grahame-Smith c’est eux). Bravo les gars. Je viens d’acheter Zoo City de Lauren Beukes. L’illustration de couv est signée Joey Hi-Fi, elle est sublime. Le livre a des rabats, la couv est épaisse. C’est de la bonne came. Et le roman en lui-même a l’air sensass. D’autres éditeurs font du bon boulot : Orbit (mais l’objet est moins beau), et L’Atalante (je vais acheter Magie Brute, de Larry Correia, ça sent le chef d’oeuvre).

 

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Arrêté

Le capitaine Watson a été arrêté en Allemagne. Que dire de plus que : c’est dégueulasse.

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la musique est une lutte à mort

Un des meilleurs groupes du monde. Et bien sûr ils sont antifa.

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Dernière ligne droite

Dernières corrections avant les épreuves. Je charcute, je coupe, j’élague. Quel bonheur.

Je viens d’acheter Laisse-moi entrer, de John Ajvide Lindqvist, le roman qui a donné le beau film, Morse.

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Un texte inédit

Texte écrit il y a quelques mois pour un livre collectif qui ne sortira pas. Même dispersé, le livre existe. C’est ce qui compte. A lire, ici.

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nous portons des coups en devenant intouchables

Un ami va mal. Tout de suite intervenir. Je lui ai envoyé un petit colis, de quoi lui remonter le moral. Cela ne plaira pas à tout le monde, mais ces trucs, c’est lui, c’est ce qu’il aime, ce sont ses bonbons primaires. La vie nous donne la possibilité d’un combat sans fin, on relève le défi, mais on a besoin de munitions, de futilités, de provisions. Le repos parfois, c’est la meilleur façon de se battre. Nous portons des coups en devant intouchables.

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saint-valentin

Pour la Saint Valentin, on s’est offert un festin fromager, et je lui ai offert des boucles d’oreille, un bracelet, et ce t-shirt. L’élégance, c’est ça.

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le bonheur est un apaisement

Mon téléphone a sonné, je ne connaissais pas le numéro, j’ai décroché, soupçonnant un appel de ma banque ou un client qui avait besoin que je l’aide à abattre des arbres ou faire disparaître une voiture. Rien de tout ça. C’était une éditrice au sein d’une grande maison d’édition parisienne. Le comité de lecture a rendu un avis enthousiaste. Elle m’a lu la fiche de lecture et même si je me flatte de ne pas être sensible à la flatterie, j’ai été flatté. Un instant. C’était très louangeur. Alors il y a des éléments qu’ils aiment moins. Mais rien de grave. Nous avons pris rendez-vous pour le 2 mars. Le bonheur est un apaisement. Mon premier roman publié. Bon dieu, ça fait du bien. Alors même que ce livre n’est pas encore sorti (il devrait paraître en septembre), je prends déjà des notes pour le suivant. Pas encore de titre (je rame sur cet aspect). Je vous tiens au courant.

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philosophie

« Let me tell you something you already know. The world ain’t all sunshine and rainbows. It’s a very mean and nasty place and I don’t care how tough you are it will beat you to your knees and keep you there permanently if you let it. You, me, or nobody is gonna hit as hard as life. But it ain’t about how hard you hit. It’s about how hard you can get it and keep moving forward. How much you can take and keep moving forward. That’s how winning is done! Now if you know what you’re worth then go out and get what you’re worth. But you gotta be willing to take the hits, and not pointing fingers saying you ain’t where you wanna be because of him, or her, or anybody! Cowards do that and that ain’t you! You’re better than that! I’m always gonna love you no matter what. No matter what happens. You’re my daughter and you’re my blood. You’re the best thing in my life. But until you start believing in yourself, you ain’t gonna have a life. »

Jane Austen, Pride and Prejudice (Mr Bennet parle à Elizabeth, ou à Jane je ne sais plus)

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il y a deux façons de faire

J’ai cessé de boire de l’alcool de manière intensive il y a déjà pas mal de temps. Je devenais un trop bon champion. Mon père est mort à cause de l’alcool et j’ai pas mal d’amis amochés. J’ai le souvenir de cette jeune femme qui lors d’un repas, après que j’ai dit que je ne buvais pas, m’a fait remarquer : « Ce n’est pas très viril ». Le viril, le pas viril, et que des femmes participent à ça, car pour être un mec il faut boire, et bien, il faut être arrogant ça serait encore mieux. Quelle connasse, quelle société d’idiots. J’ai de temps en temps droit à des remarques, des moqueries parce que je ne bois pas. Une manière d’humilier, de pointer du doigt celui qui est différent, c’est aussi une forme de contrôle social. La moquerie a ce rôle, la moquerie n’est pas là pour rire, elle est là pour signifier qu’on est en infraction et qu’on a intérêt à rentrer dans les rangs, et à faire comme les autres. Qu’ils aillent se faire foutre. Et on va réagir. Il y a deux façons de faire :

- la zazen : tant pis pour eux, ils ne savent pas ce qu’ils disent, sourions, amor fati etc

- la Pit : toute violence qui se cache derrière un sourire mérite une violence en retour. Il y a une loi de conservation de la violence, alors plutôt que ça me donne mal au ventre je vais t’en mettre plein la figure. On se laisse trop faire. Notre violence visible est une réponse à votre violence bien élevée.

Pour en revenir à cette jeune femme. Je lui ai dit : « Je trouve que ce que vous venez de dire est profondément stupide ». Et j’ai été le mec pas du tout cool de la soirée. Mais, hé, on fait le tri comme ça. Alors au bout d’un moment il y aura du vide autour de vous, et vos amis se compteront sur les doigts de deux petites mains, vous aurez peu de copains et encore moins de connaissances. Mais c’est un gain, les mecs. On ne sera jamais les plus populaires de l’école, mais bordel, il faut s’en réjouir.

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arrêter de caresser les scorpions, commencer à s’en amuser

Je crois que c’est Meg Ryan qui disait : « Le système nous veut triste, il nous faut être joyeux pour lui résister. » Parfois, j’ai tendance à la tristesse, mais toujours avec ce sentiment qu’être triste c’est obéir. C’est réagir trop directement aux impulsions d’un monde hostile. La vie c’est la guerre et le monde est une tentative de meurtre. Voilà les données. A partir de là se construire une vie. Longtemps la présence des êtres maléfiques m’a gâché des heures. Hommes et femmes de pouvoir, manipulateurs, avides. Mais j’étais idiot dans mon malheur : je leur reprochais leur propre nature. J’avais tort de me sentir blessé et trahis par eux. Comme un enfant qui voudrait caresser un scorpion et se ferait piquer. C’est la nature du scorpion que de piquer. Il n’y a pas de reproches à lui faire. Il est aberrant de demander à ce que le scorpion change pour perdre son poison. Il est comme ça. C’est la même chose en société : les scorpions sont nombreux, et ils règnent. Tant pis pour eux. Laissons-les régner. Si nous les côtoyons, n’espérons pas qu’ils changeront de nature. Restons à distance, observons-les, jouons en nous protégeant. Il n’y a pas de rapport humain possible entre hommes des différentes espèces. Nos rapports ne sont que de la comédie, alors soyons complètement comédiens. C’est le sourire qui doit être sur nos lèvres quand nous croisons quelque scorpion humain, occupé à défendre son territoire, agressif et bête. Amusons-nous de lui.

Résultats d’analyses médicales. Tout va bien. Le ciel est plus bleu. La médecine, son but ce n’est pas de nous soigner, non ce n’est pas là qu’est son miracle, mais de nous dire que nous ne sommes pas malades. Elle confirme que tout va bien dans nos organes, alors que parfois nous en doutons. Nous avons à notre disposition des laboratoires et des centres de radiologie pour voir ce rien qui se passe en nous, cette normalité, cette absence de maladie. Il faut le voir précisément, régulièrement. Puis, un jour, on ne tombe pas malade, non, mais on résout cette présence du corps malade du monde dans notre corps. On se guérit, pas de la maladie, mais d’une sensibilité mal placée, comme offerte à l’adversité. Par la ruse, d’abord avec soi-même. L’intelligence de vivre. Nous avons fêté ça hier avec Erin : fromages, surtout, sucreries aussi.

Déjeuner avec une vieille amie aujourd’hui. Adepte de la manière forte, experte en combats de rue. Elle a toujours cette cicatrice en forme d’aigle sur le poignet, vestige du jour où elle a défoncé la mâchoire d’un homme qui lui manquait de respect. Elle porte un couteau a sa ceinture. Mais elle n’a jamais eu besoin de s’en servir.

L’été ça ne veut rien dire, non ? Les infos, le reste… on s’en fout. C’est de la bête distraction. De la fumée que l’on désigne comme ayant du sens. Ben Laden et DSK on s’en fout. Ils ne masquent qu’une chose, la guerre des riches contres les pauvres.

Je veux m’asseoir dans le jardin. Discuter avec des amis, lire, être là, avec Erin. C’est ça la politique.

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on le mérite

Nos réactions névrotiques, ce sont juste nos manières de convoquer notre passé, nos terreurs d’enfance, de les faire jouer dans le présent. La scène n’est pas adaptée. Alors il faut écrire un autre texte. Tant mieux. Mais cela prend un peu de temps. Savoir que l’on a tort, et que ce tort s’explique, a des raisons. Et dire, ok, on abandonne tout ça. Soyons légers enfin. On le mérite.

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comment ils se parlent

Jours de randonnée avec Erin (elle appelle ça des promenades, mais pour moi marcher dans la nature pendant une bonne demi-heure -il y avait des côtes, des cerisiers, du soleil, de la pluie, des hautes herbes, et des vaches au loin- c’est de la randonnée, c’est clair). Le corps se manifeste autrement que dans ses phases de digestion. Des muscles refont leur apparition.

Je lis le livre de cette femme (Siri quelque chose), ça s’appelle La femme qui tremble, et elle parle du libre arbitre comme la capacité de dire un grand Non aux choses qui tentent de nous agir, à nos impulsions. C’est un bon livre, un essai, enquête, elle essaye de comprendre pourquoi elle tremble dès qu’elle parle en public depuis la mort de son père. Elle parle du corps et de ses liens avec notre psyché, comment ils se parlent ces deux-là.

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lundi

Ce matin j’avais tellement faim que j’avais envie de manger. Au travail. Retour à une vitesse de croisière acceptable. Je déploie mes ailes et je fends les nuages. J’ai croisé une ribambelle de bébés enfants, des maternelles, minuscules mais qui marchaient déjà et parlaient, se tenaient par la main. Le soleil ne veut rien dire. Je me demande si c’est pour ça que les gens l’aiment.

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l’histoire d’amour avec notre malheur

Le chose la mieux partagée est monde est la double personnalité. Nous sommes deux. Façon de parler ? Pas tant que ça. Ok pour le dialogue intérieur, c’est une façon de voir les choses. Nous naissons seul et peu à peu, c’est à espérer, nous inventons notre jumeau. Il y a un être en nous, qui nous est donné, façonné par nos parents, par leur histoire, leurs névroses. C’est une victime. Heureuse peut-être. Un être comme tenu en laisse par son origine. Si nous avons de la chance, c’est à dire si nous connaissons un de ces accidents bienheureux qui arrivent dans notre cerveau, alors on peut se mettre à faire naître cet être, jumeau de notre moi, un jumeau qui serait enfant du premier. C’est bizarre, je sais mais ça se passe comme ça. On aime notre malheur. On y tient. Parce que c’est notre famille. C’est notre passé. Par fidélité. Parce que ça a été notre nourriture, notre air. On y respire. Alors que le bonheur, ce bel air, on a pas les poumons pour ça : on a des branchies merde comment ça se fait ? Comment on fait bordel pour respirer ce truc doré qui a l’air si sensationnel ? Il va falloir qu’on fasse des changements profonds en nous. Biologiques. Physiques. On va se transformer en un autre animal. On va trahir, d’une certaine façon. Mais c’est une trahison joyeuse. Il faut être déloyal à ce qui veut nous nuire. On se délivrera vingt ans plus tard. Mais la délivrance à un effet rétroactif. Alors faisons ça pour celui que nous étions. Arrachons-le au malheur. Dans ce malheur où on a l’impression d’être proche de lui, de le tenir dans nos bras. La communion dans la douleur. Saleté de langage. Saleté de contentement, de plaisir et de larmes qui nous font voyager dans le temps, avec l’illusion que nous tenons chaud à celui que nous étions, que nous lui tenons compagnie. Moi je dis : connerie. Piège. Facilité. Ce n’est pas de la fidélité. Tout le contraire. C’est la trahison totale. Si tu veux être fidèle, alors sois heureux pour celui que tu étais. C’est comme ça qu’il sourira, c’est comme ça que tu le sauveras.br /Ce bonheur nouveau nous fait suffoquer. Mais est-ce qu’on a vraiment besoin de respirer ? On peut retenir sa respiration le temps de trouver un havre. On peut imaginer autre chose. S’évanouir, lâcher prise, croire qu’on va mourir un peu, et se relever d’entre les morts. Ne pas paniquer parce l’air n’entre pas dans nos poumons. Crise d’asthme. Classique. Dans ces cas là, on garde son calme. Et ça passe. Les poumons se remettent en marche. Doucement. Ils apprennent ce nouvel air. Ils ne le rejettent pas. Ils s’y font. Il blesse encore. Mais bon dieu c’est si bon. Alors on continue à s’entraîner. Et un jour on respire vraiment. Nos poumons se sont adaptés. Nous n’avons plus besoin de notre malheur pour exister, pour nous identifier, pour être quelqu’un. Nous sommes heureux, ce n’est pas toujours simple. Oh non. Mais c’est quand même autre chose que notre vie d’avant. La vraie vie commence. Ce n’est pas trop tôt.

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heureusement tu n’es pas là

Heureusement tu n’es pas là. Ainsi je peux te contempler dans ton entièreté, tu es mon paysage ce soir. Loin, mais là, une absence qui est une démultiplication de la présence. Son double. Tu me manques et c’est très bien comme ça, car cela se résoudra demain soir, le vide est limité. L’absence est une loupe et un télescope, le verre correcteur de la myopie que donne le quotidien. Je retrouve mon regard sur toi, mon cœur bat avec plus de poids et de confiance. L’absence est belle ce soir.

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le jour se lève et le monde est à nous

Souvent j’écoute la même chanson. En ce moment Let’s not shit ourselves, de l’ami Conor Oberst (The Bright Eyes). Toute la journée. Je tombe amoureux. C’est ma façon de vivre. Et alors j’ai envie d’embrasser cette chanson, d’être embrasser par elle, de façon déraisonnable. Je veux ce contact physique avec elle, qu’à force de l’écouter, elle déteigne dans mon sang, elle s’incorpore à mon cerveau et se mêle à ma moelle osseuse. Je ne connais pas d’autre façon d’aimer, pas de demi-mesure, pas de dose homéopathique. C’est un corps contre corps. Un changement de composition de l’atmosphère. Une opération de chimie complexe. Un changement d’époque, de dynastie, de civilisation. Rien ne sera plus pareil. Les temps anciens se terminent. Le jour se lève et le monde est à nous.

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la plage, le jardin, le vélo

Belles journées et je ne parle pas des nuits, des endormissements, des réveils, des repas, et l’atmosphère qui prenait soin de nous. Le retour n’est pas simple, pas tendre. Mais ce furent deux semaines qui vont irradier un bon moment :-). Et puis, nous allons ruser pour inventer nos plages et nos jardins ici même. Nous avons de la ressource.

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un sourire qui écrase le monde

On s’apaise parfois. Cela arrive. De plus en plus souvent. On ne voit pas toujours des catastrophes au bord de la prochaine seconde. On se dit que le monde ne finira pas encore une fois à la fin de la phrase; que tout se brisera, que rien ne restera, que ça finira dans un hôpital ou pire, qu’il n’y aura jamais de chaleur après avoir par hasard approché un feu. Nous sommes les enfants de notre histoire. Remplis de ces méduses que sont nos souvenirs. Mais il faut rêver nos souvenirs. Les imaginer plus beaux qu’ils ne le sont. Le passé s’est une matière à travailler. Ce n’est pas trahir, ce n’est pas mentir, c’est dire : la réalité s’est trompée en me faisant vivre ça, ça n’aurait pas du se passer comme ça. J’ai besoin de belles choses. Alors le passé j’en fais mon affaire. Je maquille, j’oublie des êtres, des heures, je transforme. Tout est vrai dans mon cerveau, ce que j’invente de ce que la vie m’a donné, de ce que j’ai fait. Les choses qui ne me ressemblent pas ne sont pas arrivées. On met du temps à se ressembler. Le reste ce sont des ratures. On efface, on réécrit, joyeusement. Nous ne sommes pas les enfants de notre passé. Nous en sommes les parents. Nous éduquons notre passé, pour qu’il cesse de nous blesser. Nous le créons pour que la vie présente soit douce et possible. Avec notre coeur de traumatisé on arrive à rire, alors bien sûr on ne sera jamais normal, on n’arrivera jamais à être parmi les autres comme les autres, on ne sera jamais guérit de la terreur qu’ils nous inspirent, mais on s’en fout : il y a de la place dans les marges, il y a une vie, plus secrète, plus belle, moins bruyante, plus profonde. Vous voulez mon avis ? On ne s’autorise pas assez à s’éviter les situations peu agréables. On se sent en faute. On se sent anormal. On l’est. Alors autant l’assumer. C’est mieux que de couvrir ça par de l’alcool ou des comportements qui ne nous ressemblent pas. On mime les autres, mais on ne fait que se perdre soi-même. Et bon dieu je me suis perdu bien des fois. Comme un enfant, dans le noir, attiré par la lumière, la mauvaise lumière. J’ai oublié tout ça, je suis là avec moi, en moi, pour moi. Je ne suis jamais seul dans la solitude. Donnez-moi un amour, deux amis, un toit, jardin, et le monde est fait. Je ne suis pas exigeant. On s’en moque de la reconnaissance, de l’argent. Donnez-moi une vie simple et tranquille, stable et fantaisiste. Je dis « donnez-moi », mais non je le sais : je vais prendre tout ça. La conquête a commencé. Ce sont des armées qui gagnent en évitant le combat. Rien n’est plus dur que d’éviter le combat : nous avons été élevé pour ça, être tout le temps sur la scène, faire le beau, être en représentation, impressionner, écraser, dominer, gagner. Alors, on arrête. Nos armées rentrent sous terre, dans les bois, elles se dispersent. On est dans un jardin, un café à la main, il y a du soleil ou pas, un petit peu de vent, et tout va bien. Ce tout va bien est un instrument, ce n’est pas une phrase, pas une pensée. C’est un outil, façonné par les hommes au fil des siècles. On apprend à s’en servir, à l’utiliser dans le réel. Tout va bien. Et l’on sourit immensément.

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le blog d’Erin

Entre les réparations de Harley et la compta du garage, Erin a trouvé le temps de commencer un blog. Cela lui ressemble.

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je suis un chat panda, un topinambour, une figue de Barbarie, un lapin tigre

Erin est une asperge, je suis un topinambour.

Erin hier : « Je ne laisserai rien ni personne nuire à ce que nous vivons et à notre précieux amour, à notre précieux bonheur. Et si quoi ou qui que ce soit essayait, je lui péterais la gueule. »

Erin terminait un texto par ces mots : « Je t’eucalyptuse très fort. » (je suis un panda chat)

Erin est une mirabelle, je suis une figue de Barbarie. Mais je n’oublie pas que je suis aussi un lapin tigre.

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